Par Alexandre MontenonMis à jour le 20/09/202612 min de lecture
La réponse en bref

Le prompt engineering, c'est l'art de concevoir et d'ajuster les consignes données à un modèle d'IA pour obtenir la réponse voulue. Pour un rédacteur, six principes comptent : décrire le texte attendu, situer le modèle, montrer des exemples, découper la demande, tester sur un cas connu et laisser tomber les astuces.

Mis à jour le 15 octobre 2026

Il y a deux ans, on vendait des formations entières sur les « prompts secrets ».

Des incantations à copier-coller, avec des promesses de textes parfaits.

Aujourd'hui, les études publiées racontent une histoire beaucoup moins magique, et beaucoup plus utile pour ceux qui écrivent.

Je rédige pour des marques depuis 2011 et j'écris avec l'IA au quotidien.

J'ai trié ce que disent les guides d'OpenAI et de Google, et ce qu'ont mesuré les chercheurs de Wharton.

Il reste six principes. Les voici, avec leurs sources.

Quel est votre niveau en prompt engineering ?

01

Qu'est-ce que le prompt engineering pour un rédacteur ?

Le prompt engineering, ou ingénierie de prompt, désigne la conception et l'ajustement des consignes données à un modèle d'IA pour obtenir une réponse précise.

Pour un rédacteur, cela revient à écrire un brief que la machine peut exécuter : un lecteur, un livrable, des exemples, une forme et des critères de réussite vérifiables.

L'aide d'OpenAI le présente comme un travail de conception et d'affinage des entrées, et insiste sur un point : l'affinage itératif.

On écrit un prompt, on lit la réponse, on ajuste. Ni plus ni moins.

Le mot « engineering » fait peur, à tort. Pas besoin de coder pour s'en servir.

Rien de technique là-dedans.

On parle du même savoir-faire que pour briefer un pigiste, avec une différence de taille : le modèle ne pose jamais de questions.

Tout ce qui manque au brief, il le comble avec de la moyenne.

Comment bien prompter, alors ? Les guides des éditeurs et les études convergent vers six principes.

Je les présente du plus simple au plus contre-intuitif. Le dernier va décevoir les amateurs de prompts secrets.

02

Pourquoi décrire le texte attendu plutôt que l'intention ?

Parce qu'un modèle exécute une description bien mieux qu'une intention. « Un texte qui donne envie » est une intention.

« Trois paragraphes de 40 mots, une question en ouverture, un bouton en fin » est une description exécutable.

C'est le premier principe de toutes les documentations. OpenAI recommande d'être précis sur le contexte, le résultat, la longueur, le format et le style attendus.

Google, dans sa documentation Gemini, parle d'instructions claires et spécifiques, et conseille de préciser les contraintes et le format de réponse : tableau, liste, paragraphe.

Pour un rédacteur, le réflexe est simple.

Avant d'écrire le prompt, je décris le texte final comme si je le commandais à un collègue : combien de parties, quelle longueur, quel niveau de langue, quel lecteur.

Si je n'arrive pas à le décrire, c'est que je ne sais pas encore ce que je veux, et aucun prompt ne réglera ça.

Ce principe a un effet secondaire précieux : il rend la réponse vérifiable.

Un texte de « 3 paragraphes de 40 mots » se contrôle d'un coup d'œil. Un texte « percutant » se discute pendant une heure.

Un exemple concret.

Version intention : « Écris une intro accrocheuse pour mon article sur la rénovation énergétique. » Version description : « Écris une introduction de 70 mots maximum, pour des propriétaires de maisons des années 1970.

Première phrase : une situation vécue en hiver. Deuxième phrase : le coût du problème, tiré du contexte.

Dernière phrase : ce que l'article leur apprend. » La seconde demande coûte trente secondes supplémentaires à écrire.

Elle évite trois allers-retours.

03

Faut-il vraiment donner une identité et un contexte au modèle ?

Oui.

Le guide d'OpenAI pour développeurs fait de l'identité et du contexte deux sections à part entière d'une consigne bien construite, à côté des instructions et des exemples.

Capture du guide OpenAI : la section identité décrit l'objectif, le style de communication et les buts généraux de l'assistant
Capture : OpenAI, guide « Prompt engineering » pour développeurs, consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

L'identité décrit l'objectif, le style de communication et les buts du modèle.

Le contexte, lui, apporte toute information supplémentaire dont il a besoin pour répondre.

Le guide range ces deux blocs à part des instructions, ce qui me paraît très sain : on sépare qui parle, ce qu'il doit faire et ce qu'il doit savoir.

Pour un rédacteur, l'identité tient en deux phrases : la marque, le lecteur, le style.

Le contexte, c'est la matière : l'offre, les preuves, les objections, les sources de l'article.

Le guide d'OpenAI parle aussi d'ajouter des données propres à l'entreprise dans la consigne, une technique souvent appelée génération augmentée par récupération.

On ne va pas se mentir : ce principe ressemble au bon vieux brief. Et c'est rassurant.

Le prompt engineering appliqué à la rédaction reprend les règles du métier, avec un destinataire plus rapide et moins curieux.

Un piège, quand même : le contexte trop long. Coller un document de 30 pages sans dire ce qui compte noie l'essentiel.

Je résume le contexte utile en tête, puis je colle les documents complets en dessous, sous un titre clair comme « Sources, à utiliser uniquement pour les faits ».

04

Combien d'exemples donner, et de quelle sorte ?

Donnez plusieurs exemples, et surtout des exemples variés.

OpenAI conseille de montrer une gamme diversifiée d'entrées possibles avec les sorties voulues.

Pourquoi variés ? Parce qu'un exemple unique devient un moule.

Le modèle en copie le sujet, la longueur, parfois des tournures entières.

Trois exemples différents, au contraire, lui montrent ce qui reste constant d'un texte à l'autre : la forme, le ton, la façon d'attaquer une phrase.

Google va plus loin dans sa documentation Gemini et recommande d'inclure des exemples dans tous les prompts.

C'est la technique dite « few-shot » : quelques exemples dans la consigne, sans réentraîner le modèle.

En rédaction, je distingue deux usages. Les exemples de ton servent à faire entendre une voix.

Les exemples de forme servent à imposer une structure.

Je mélange rarement les deux dans le même prompt, sinon le modèle ne sait plus s'il doit copier le style ou le découpage.

Et combien, au juste ? Les guides ne donnent pas de chiffre universel.

Ma règle : deux ou trois exemples suffisent pour la forme, et j'ajoute un exemple seulement quand une réponse rate un point précis.

Au-delà, je trouve que le prompt s'alourdit sans bénéfice net.

Le conseil de Rcweb

Annotez vos exemples d'une ligne : « à imiter pour le rythme des phrases », « à imiter pour la structure ». Le modèle sait alors quoi retenir de chaque extrait, et quoi ignorer.

05

Pourquoi découper une demande en plusieurs prompts ?

Parce qu'une consigne qui empile dix instructions en exécute mal la moitié.

Google recommande de découper une tâche complexe en éléments plus simples, et va jusqu'à conseiller un prompt par instruction.

La même page décrit plusieurs façons de faire : enchaîner des prompts, la réponse de l'un devenant l'entrée du suivant, ou traiter des parties en parallèle avant de les réunir.

Pour un article, ça donne une chaîne très lisible :

  1. un prompt pour le plan, à partir du brief ;
  2. un prompt par section, à partir du plan validé ;
  3. un prompt de relecture, qui liste les affirmations à vérifier ;
  4. un prompt de titre et de méta-description, à partir du texte final.

Chaque maillon se contrôle avant de passer au suivant.

Si le plan est bancal, je le corrige avant d'écrire une ligne, au lieu de découvrir le problème au bout de 2 000 mots.

J'applique cette chaîne dans mon tutoriel pour écrire un article avec ChatGPT sans contenu générique, et dans mon workflow de landing page.

Bonus : un texte découpé garde mieux la voix de la marque.

C'est un des piliers de ma méthode dans le guide du copywriting avec l'IA, je n'y reviens pas.

06

Comment savoir si un prompt est meilleur qu'un autre ?

On le teste sur un cas dont on connaît déjà la bonne réponse, plusieurs fois, et on compare.

L'impression générale ne suffit pas, parce qu'un même prompt donne des résultats différents d'un essai à l'autre.

OpenAI le recommande aux développeurs : construire des tests et des suites d'évaluation qui mesurent le comportement d'un prompt, pour suivre la qualité au fil des itérations.

Le guide conseille aussi de figer la version du modèle utilisée en production, parce qu'un changement de modèle peut changer les réponses.

Les chercheurs des Wharton Generative AI Labs ont montré à quel point la mesure compte.

Dans leur premier rapport, ils concluent que le choix du critère de réussite change fortement la performance mesurée d'un modèle.

Et que la politesse, par exemple, aide parfois et nuit parfois.

Ma version de rédacteur, sans infrastructure : je garde trois textes de référence par marque, des textes validés par le client.

Quand je modifie un prompt, je lui fais réécrire ces trois textes et je compare avec trois critères fixés à l'avance : le respect du brief, le ton, les erreurs factuelles.

Si le nouveau prompt ne gagne pas sur les trois, je garde l'ancien.

Ça paraît lourd. Ça l'est un peu, la première fois.

Mais un prompt que j'utilise sur des dizaines de textes mérite bien une heure de test, et ce test m'évite de changer de méthode au gré de l'humeur du jour.

J'ai vu ça quelque part

Le premier rapport de Wharton s'intitule, sans détour, « Prompt Engineering is Complicated and Contingent ». Les auteurs y écrivent que contraindre les réponses de l'IA aide dans certains cas et peut faire baisser la performance dans d'autres. D'où l'intérêt de tester avant d'adopter.

07

Les astuces de prompt comme les menaces ou les pourboires marchent-elles ?

D'après les tests publiés, pas de façon fiable.

Menacer le modèle ou lui promettre un pourboire n'a pas d'effet notable sur ses performances, et le fameux « réfléchis étape par étape » apporte de moins en moins avec les modèles récents.

Spoiler : ce sixième principe consiste surtout à arrêter de perdre du temps.

Les chercheurs de Wharton ont testé les menaces et les promesses de récompense sur des questions académiques difficiles.

Leur verdict tient en une phrase.

Capture du rapport de Wharton : menacer ou promettre un pourboire aux modèles d'IA n'a pas d'effet notable sur leurs performances
Capture : Wharton Generative AI Labs, « I'll pay you or I'll kill you, but will you care? », consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Même équipe, autre rapport, sur la consigne « réfléchis étape par étape », ce qu'on appelle la chaîne de pensée.

Cette technique a été popularisée par un article de chercheurs de Google publié en 2022.

En 2025, Wharton conclut que son intérêt diminue.

Capture du résumé du rapport de Wharton sur arXiv : avec les modèles de raisonnement, la chaîne de pensée n'apporte souvent qu'un gain marginal
Capture : arXiv, « Prompting Science Report 2: The Decreasing Value of Chain of Thought in Prompting », consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Le rapport précise que pour les modèles sans raisonnement intégré, la technique améliore encore un peu la performance moyenne.

Avec les modèles de raisonnement, le gain devient marginal, voire nul.

Et dans tous les cas, elle consomme beaucoup plus de temps et de calcul : sur sa page de synthèse, Wharton chiffre le surcoût pour les modèles de raisonnement entre 20 et 80 % de temps en plus.

Mon point de vue

Les astuces de prompt rassurent parce qu'elles donnent l'impression de détenir un secret. Le vrai levier est moins excitant : un brief précis, des exemples variés, une tâche à la fois et un test honnête. C'est du métier, et le métier se transmet.

08

Comment appliquer les six principes, étape par étape ?

On les applique dans l'ordre de rédaction du prompt : décrire, situer, montrer, découper, puis tester.

Le sixième principe sert de filtre à la fin : tout ce qui ressemble à une astuce saute.

PrincipeCe que je faisSource
1. Décrire le texte attenduForme, longueur, lecteur, critères vérifiablesOpenAI, Google
2. Situer le modèleIdentité de la marque et contexte completOpenAI
3. Montrer des exemples variésDeux ou trois extraits annotésOpenAI, Google
4. Découper la demandePlan, sections, relecture, titresGoogle
5. Tester sur un cas connuTrois textes de référence, trois critèresOpenAI, Wharton
6. Oublier les astucesNi menaces, ni pourboires, ni flatterieWharton

Et la méthode en pratique, pour votre prochain texte :

  1. Écrivez la description du texte final en cinq lignes.
  2. Ajoutez l'identité de la marque et le contexte sous des titres séparés.
  3. Collez deux ou trois exemples variés, annotés.
  4. Envoyez la première sous-tâche seulement, souvent le plan.
  5. Comparez le résultat à un texte de référence, puis ajustez une seule chose.
  6. Relisez le prompt et supprimez toute formule magique.

Je résume : le prompt engineering pour rédacteurs ressemble beaucoup au métier d'avant, avec un destinataire différent.

J'en parle plus largement dans mon article sur ce qui change dans le copywriting en 2025.

Et si vous voulez être accompagné pour prendre ces réflexes, mon comparatif pour choisir une formation ChatGPT vous aidera à trier les offres.

Quel principe travailler en premier ?

Choisissez votre type de texte et votre principal souci, je vous indique le principe à travailler d'abord.

Ce qu'il fallait retenir

  • Le prompt engineering consiste à concevoir et ajuster les consignes données à une IA, par itérations.
  • Décrire le texte attendu marche mieux qu'exprimer une intention.
  • OpenAI sépare l'identité, les instructions, les exemples et le contexte d'une consigne.
  • Des exemples variés montrent ce qui doit rester constant, un exemple unique devient un moule.
  • Google conseille de découper une tâche complexe, jusqu'à un prompt par instruction.
  • Un prompt se juge sur des textes de référence, avec des critères fixés à l'avance.
  • Menaces, pourboires et chaîne de pensée n'apportent pas de gain fiable d'après Wharton.

Questions fréquentes sur le prompt engineering

Qu'est-ce que le prompt engineering ?

C'est la conception et l'ajustement des consignes données à un modèle d'IA pour obtenir la réponse voulue. On écrit un prompt, on lit la réponse, on ajuste, comme le décrit l'aide d'OpenAI.

Le prompt engineering est-il utile pour un rédacteur ?

Oui, parce qu'il reprend les règles du brief : un lecteur, un livrable, des exemples, une forme. Un rédacteur qui sait briefer un pigiste a déjà l'essentiel des réflexes.

Comment bien prompter ChatGPT pour écrire ?

Décrivez le texte attendu avec des chiffres, situez le modèle avec l'identité de la marque et le contexte, donnez des exemples variés, découpez la tâche et testez sur un texte de référence.

Faut-il écrire « réfléchis étape par étape » dans ses prompts ?

Ce n'est plus très utile. D'après un rapport de Wharton publié en 2025, la chaîne de pensée n'apporte qu'un gain marginal, voire nul, avec les modèles de raisonnement, pour un temps de réponse plus long.

Menacer ou récompenser l'IA améliore-t-il ses réponses ?

Non. Les chercheurs des Wharton Generative AI Labs concluent que menacer ou promettre un pourboire n'a pas d'effet notable sur les performances, sur des questions académiques difficiles.

Faut-il suivre une formation en prompt engineering ?

Ce n'est pas obligatoire, les guides d'OpenAI et de Google sont gratuits. Une formation aide surtout à prendre des réflexes de test et de découpage, avec des retours sur vos propres textes.

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