Par Alexandre MontenonMis à jour le 21/09/202612 min de lecture
La réponse en bref

Pour écrire un article avec ChatGPT sans contenu générique, apportez d'abord ce que l'IA ne peut pas inventer : un angle, des exemples réels, des sources vérifiées. Faites ensuite écrire le plan puis chaque section séparément, vérifiez chaque fait à sa source et réécrivez l'introduction, les transitions et la conclusion vous-même.

Mis à jour le 15 octobre 2026

Tapez « écris un article de blog sur la rénovation énergétique » dans ChatGPT.

Puis tapez la même chose dans un autre onglet. Vous obtiendrez deux articles corrects, bien structurés, et presque interchangeables.

Multipliez par des milliers de blogs, et vous avez le web de 2026.

J'écris des articles pour des sites de marques depuis 2011, et ChatGPT fait partie de mes outils.

Le problème n'a jamais été la qualité de la langue. Le problème, c'est ce qu'il y a dedans.

Voici la méthode que j'applique pour qu'un article rédigé avec l'IA dise quelque chose que les autres ne disent pas.

Vos articles écrits avec ChatGPT sont-ils génériques ?

01

Pourquoi les articles écrits avec ChatGPT se ressemblent-ils tous ?

Parce qu'ils partent de la même demande et de la même absence de matière.

ChatGPT produit alors la synthèse moyenne de ce qui existe sur le sujet, et cette synthèse est la même pour tout le monde.

Est-ce que Google sanctionne ces articles parce qu'ils viennent d'une IA ? Les données disponibles disent plutôt non.

Ahrefs a analysé environ 600 000 pages classées dans le top 20 de Google sur 100 000 mots-clés, avec son propre détecteur de contenu IA.

Capture de l'étude Ahrefs : 86,5 % des pages bien classées contiennent une part de contenu généré par IA
Capture : Ahrefs, « AI-Generated Content Does Not Hurt Your Google Rankings (600,000 Pages Analyzed) », consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

L'étude, publiée en juillet 2025, trouve une corrélation de 0,011 entre la part d'IA d'une page et sa position, autrement dit quasi nulle.

Seules 4,6 % des pages étaient classées comme entièrement écrites par IA. L'auteur rappelle aussi qu'un détecteur reste probabiliste et peut se tromper.

Vous voyez où je veux en venir ? L'IA ne fait pas couler un article.

Elle ne le fait pas monter non plus. Si 86,5 % des pages bien classées en contiennent, l'usage de l'IA ne vous distingue de personne.

Ce qui distingue un article, c'est ce qu'il apporte en plus de la synthèse moyenne.

Et cet apport, ChatGPT ne peut pas le produire seul. Il n'a ni vos clients, ni vos chiffres, ni vos erreurs passées, ni votre avis.

Tout le travail consiste donc à les lui fournir, puis à vérifier qu'il ne les a pas déformés.

02

Que doit apporter un article que ChatGPT ne peut pas inventer ?

Il doit apporter une matière propre : une expérience, une donnée, un exemple, un avis argumenté.

C'est exactement ce que Google demande dans ses questions d'auto-évaluation sur les contenus utiles.

La page de Google sur les contenus utiles, fiables et people-first pose une série de questions à se poser avant de publier.

L'une d'elles vise directement l'article de synthèse produit à la chaîne.

Capture de la page Google sur les contenus utiles : un contenu qui s'appuie sur d'autres sources doit apporter de la valeur ajoutée et de l'originalité
Capture : Google Search Central, « Créer des contenus utiles, fiables et people-first », consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Un article écrit par ChatGPT sans matière propre, c'est la définition même de la reformulation.

Le modèle a lu les autres, il les résume. Pour passer de l'autre côté de la question, j'ajoute au moins un élément de chaque liste :

  • Expérience : un cas réel de la marque, un problème rencontré, une méthode testée sur le terrain.
  • Donnée : un chiffre interne, un sondage auprès des clients, une étude citée avec son lien.
  • Exemple : un avant et après, une capture, un modèle de document.
  • Avis : une prise de position argumentée, même minoritaire.

Autant le dire tout de suite : cette matière ne s'invente pas.

Si la marque n'a ni cas, ni donnée, ni avis sur un sujet, c'est peut-être que ce sujet n'est pas pour elle.

Mieux vaut un article de moins qu'un article supplémentaire que personne ne lira jusqu'au bout.

03

Comment préparer le brief d'un article avant d'ouvrir ChatGPT ?

On écrit un brief qui tient sur une page : l'angle, le lecteur, la question de recherche, la matière propre et les sources.

Sans ce brief, ChatGPT choisit l'angle le plus fréquent, donc le plus banal.

L'angle est la pièce maîtresse. « La rénovation énergétique » est un sujet.

« Pourquoi isoler les combles avant de changer la chaudière, avec le cas d'une maison de 1975 » est un angle.

Le premier produit une synthèse, le second oblige à prendre position.

Mon brief d'article contient six lignes :

  1. le lecteur et ce qu'il sait déjà ;
  2. la question qu'il tape dans Google ou pose à une IA ;
  3. l'angle, en une phrase qui pourrait être contestée ;
  4. la matière propre : cas, données, exemples, avis ;
  5. les sources externes vérifiées, avec leurs liens ;
  6. ce que le lecteur doit faire ou penser après lecture.

La troisième ligne est le test le plus utile. Si personne ne peut être en désaccord avec votre angle, ce n'en est pas un, et l'article finira générique.

Pour le coup, ChatGPT peut aider : je lui demande dix angles possibles à partir du sujet, puis je choisis celui que la marque peut défendre avec sa matière.

Un mot sur la deuxième ligne, la question du lecteur. Je la formule avec ses mots, telle qu'il la taperait.

« Faut-il isoler les combles avant de changer de chaudière ? » plutôt que « priorisation des travaux de rénovation ».

Cette question devient souvent l'intertitre principal de l'article, et la réponse directe qui le suit est celle que les moteurs de réponse reprennent le plus volontiers à mon sens.

Le conseil de Rcweb

Écrivez la conclusion de l'article avant le brief, en deux phrases. Si vous n'y arrivez pas, l'angle n'est pas encore clair, et aucun prompt ne le clarifiera à votre place.

04

Comment faire écrire le plan puis chaque section ?

On fait écrire le plan d'abord, on le corrige, puis on demande une section par prompt avec le brief collé en tête.

Un article demandé d'un bloc se corrige mal et dérive vers la moyenne.

Cette logique de chaîne, un prompt par étape, je la détaille dans mon guide du prompt engineering pour rédacteurs.

Appliquée à un article, elle donne ceci :

ÉtapeCe que je demande à ChatGPTCe que je vérifie
PlanDes intertitres en questions, à partir du briefQue chaque question corresponde à une vraie question du lecteur
SectionUne section, avec la matière propre qui la concerneQue la matière est reprise sans déformation
ExemplesRien : je les écris moi-mêmeQu'ils sont réels et datés
RelectureLa liste des affirmations vérifiablesChaque affirmation, à sa source
Titre et métaCinq titres et trois méta-descriptionsLa longueur et la fidélité au contenu

Pour chaque section, je colle uniquement la matière qui la concerne.

Si la section porte sur les aides financières, je colle les liens officiels sur les aides, sans le reste du dossier.

Moins de bruit, moins de risque que le modèle mélange les informations.

Une consigne que j'ajoute systématiquement : « Commence la section par une réponse directe à la question de l'intertitre, en deux phrases. » C'est utile au lecteur pressé, et ça rend la section facile à citer par un moteur de réponse.

Le développement vient ensuite.

Petit détour par la longueur. Je ne fixe pas un nombre de mots pour tout l'article, je fixe une longueur par section, en fonction de ce qu'elle doit couvrir.

Une section qui répond à une question simple tient en 150 mots. Une section qui compare trois options en demande peut-être 400.

Le total découle des sections, et jamais l'inverse.

05

Comment éviter les erreurs et les sources inventées ?

On ouvre chaque source citée et on vérifie qu'elle dit bien ce que l'article lui fait dire.

ChatGPT peut produire des affirmations fausses mais plausibles, même avec la recherche web activée.

OpenAI le reconnaît lui-même.

Dans un article de septembre 2025, l'éditeur définit les hallucinations comme des affirmations plausibles mais fausses générées par les modèles de langage.

Il explique que l'entraînement et l'évaluation classiques récompensent le fait de deviner plutôt que de reconnaître une incertitude.

Et la recherche web ne règle pas tout.

L'aide d'OpenAI sur la recherche dans ChatGPT le dit noir sur blanc, et recommande d'ouvrir les sources citées pour vérifier qu'elles soutiennent bien la réponse.

Capture de l'aide OpenAI : les résultats de recherche et les citations de ChatGPT peuvent être incomplets, obsolètes ou incorrects
Capture : OpenAI Help Center, « ChatGPT search », consultée le 15/10/2026. Surlignage ajouté par Rcweb. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Ma routine de vérification, pour chaque article :

  • je demande à ChatGPT la liste de toutes les affirmations vérifiables du texte ;
  • j'ouvre la source de chacune, je cherche le passage exact ;
  • si je ne trouve pas le passage, la phrase saute ou se reformule sans le chiffre ;
  • je note la date de consultation pour les prix et les fonctionnalités d'outils.

C'est bête comme chou, et c'est l'étape la plus souvent sautée.

Une seule fausse statistique dans un article suffit à ruiner la confiance d'un lecteur attentif.

Et les lecteurs attentifs sont justement ceux qui partagent et qui citent.

Je fais aussi attention aux dates. ChatGPT peut mélanger des informations de plusieurs années : un barème ancien, une règle modifiée depuis, un prix d'outil qui a changé.

Chaque chiffre daté de l'article porte donc sa date de consultation, et je relis les articles les plus consultés à intervalles réguliers.

06

Comment réécrire l'article pour lui donner une voix ?

On réécrit soi-même l'introduction, les transitions et la conclusion, et on chasse les tics de l'IA dans le reste.

Ce sont les passages où la voix se remarque le plus.

L'introduction donne le ton de tout l'article. ChatGPT a tendance à ouvrir sur une généralité, du genre « le sujet X est devenu incontournable ».

Je la remplace par une scène, une question précise ou un chiffre sourcé.

Les transitions, elles, trahissent la machine par leur régularité : mêmes connecteurs, mêmes formules d'enchaînement.

Je les supprime presque toutes. Un intertitre bien choisi suffit à passer d'une idée à l'autre, sans pont artificiel.

Pour le reste, je relis à voix haute. Toute phrase que la marque ne dirait pas à l'oral est réécrite.

Le travail de voix, avec des exemples réels de la marque, est décrit dans mon guide du copywriting avec l'IA.

Les mêmes règles valent pour un article, en plus long.

Si vous vous demandez quel outil choisir pour ce travail, j'ai comparé les usages dans mon article sur les IA pour écrire.

Et pour les textes plus commerciaux qui accompagnent souvent un article (pages de service, e-mails de diffusion), mon article sur ChatGPT et le copywriting prend le relais.

J'ai vu ça quelque part

Dans sa page sur les contenus utiles, Google pose aussi cette question : vous contentez-vous principalement de résumer ce que les autres ont à dire, sans apporter d'informations utiles supplémentaires ? Une voix propre ne suffit pas à y répondre, mais elle aide à le montrer.

Dernière passe : je supprime ce qui ne sert à rien.

Les paragraphes qui répètent le précédent, les listes qui n'apprennent rien, les conclusions qui résument ce que le lecteur vient de lire.

Un article plus court et plus dense vaut mieux qu'un article long et délayé.

Tant pis pour le nombre de mots.

07

Faut-il dire qu'un article a été écrit avec l'IA ?

Google le recommande quand le lecteur peut raisonnablement s'y attendre.

Sa page sur les contenus utiles invite à expliquer comment un contenu a été produit, y compris quand l'automatisation ou l'IA y ont contribué.

La section « Qui, comment et pourquoi » de cette page indique qu'il est utile pour les lecteurs de savoir comment un contenu a été produit.

Elle ajoute que partager des informations sur les processus utilisés peut aider les visiteurs.

Google suggère aussi d'expliquer pourquoi l'IA a été jugée utile.

Concrètement, pour un blog de marque, j'ajoute une courte mention en fin d'article quand l'IA a servi au premier jet : l'outil utilisé, le rôle qu'il a joué, et le nom de la personne qui a vérifié et réécrit.

Trois lignes, pas plus. Le lecteur sait à qui il a affaire, et quelqu'un assume le texte.

La même page rappelle la question du « pourquoi » : un contenu doit d'abord servir les visiteurs.

Si l'objectif principal est d'attirer du trafic depuis les moteurs, Google indique que ce n'est pas ce que ses systèmes cherchent à récompenser.

Et utiliser l'IA pour manipuler le classement enfreint ses règles anti-spam.

Mon point de vue

Un article écrit avec ChatGPT n'a pas à rougir de sa méthode. Il doit rougir s'il ne dit rien de neuf. Je préfère publier un article par mois avec un vrai cas client qu'un article par jour qui reformule Wikipédia.

Si vous voulez apprendre à mener ce travail seul, du brief à la relecture, mon guide pour choisir une formation copywriting vous aide à repérer les cursus qui traitent sérieusement de l'IA.

Par où commencer pour rendre vos articles moins génériques ?

Deux questions, et je vous indique l'étape à renforcer en premier.

Ce qu'il fallait retenir

  • Un article demandé sans matière propre devient la synthèse moyenne du sujet.
  • D'après Ahrefs, 86,5 % des pages bien classées contiennent de l'IA, avec une corrélation quasi nulle au classement.
  • Google demande si un contenu apporte de la valeur ajoutée et de l'originalité à ses sources.
  • Le brief fixe un angle contestable, le lecteur, la matière propre et les sources.
  • Le plan d'abord, puis une section par prompt, avec seulement la matière utile.
  • Chaque source citée s'ouvre et se vérifie, même avec la recherche web activée.
  • Introduction, transitions et conclusion se réécrivent à la main.

Questions fréquentes sur l'écriture d'un article avec ChatGPT

Peut-on écrire un article de blog avec ChatGPT ?

Oui, à condition de lui fournir un angle, une matière propre et des sources vérifiées. ChatGPT écrit alors un premier jet section par section, que vous vérifiez et réécrivez avant publication.

Google pénalise-t-il les articles écrits avec l'IA ?

Les données publiques ne le montrent pas. L'étude Ahrefs de 2025 sur environ 600 000 pages trouve une corrélation quasi nulle entre la part d'IA et le classement. Google juge l'utilité et l'originalité du contenu.

Comment rendre un article écrit avec l'IA moins générique ?

Ajoutez au moins un élément que l'IA ne peut pas inventer : un cas réel, une donnée interne, un exemple ou un avis argumenté. Réécrivez ensuite l'introduction, les transitions et la conclusion vous-même.

ChatGPT peut-il inventer des sources ?

Oui. OpenAI reconnaît que ses modèles peuvent produire des affirmations plausibles mais fausses, et que les citations de la recherche web peuvent être incorrectes. Ouvrez chaque source avant de publier.

Faut-il demander l'article en une seule fois ?

Non. Demandez d'abord le plan, corrigez-le, puis une section par prompt avec le brief en tête. Un article d'un seul bloc se corrige mal et dérive vers la moyenne.

Faut-il indiquer qu'un article a été rédigé avec l'IA ?

Google invite à expliquer comment un contenu a été produit, IA comprise, quand le lecteur peut raisonnablement s'y attendre. Une courte mention avec le nom de la personne qui a vérifié le texte suffit souvent.

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